2 CV magazine n°127 : 2 CV Cocorico 1986

C’était le 20 juillet 2018. Madame Borne et Monsieur Hulot, respectivement ministre chargée des Transports et ministre de la Transition Écologique et Solidaire (qui va chercher des intitulés pareils ?) annonçaient la création des Zones à Faibles Émissions, les ZFE. Concrètement, devraient rapidement se multiplier en France des zones dans lesquelles sera instaurée une interdiction d’accès, sur des plages horaires déterminées, pour certaines catégories de véhicules. Par « rapidement », il faut entendre d’ici à 2020. Sauf à Paris, toujours à la pointe du progrès, qui instaurera cette mesure à compter du 1er juillet 2019. Suivront Marseille, Toulon, Nice, Rouen, Saint-Étienne, Grenoble, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Toulouse. La loi demandera à toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants « d’évaluer l’opportunité de mettre en place une telle zone ». C’est joliment dit, non ?
La Fédération Française des Voitures Anciennes, qui protège les amoureux de vieilles mécaniques que nous sommes, avait obtenu une dérogation pour les possesseurs de carte grise de collection. Les promesses étant faites pour ne pas être tenues, les engagements de l’État n’existant que pour mieux se dissoudre, cette dérogation va bientôt voler en éclats. Tous les véhicules arborant une vignette Crit’Air 5 – la plus moche, celle des affreux pollueurs –, mais aussi (mais surtout) tous les véhicules non classés seront concernés par les ZFE. La carte grise de collection ne servira donc plus à rien. Pour les créneaux horaires interdits, les agglomérations auront le choix. Ce sera sûrement quelques chose comme « 8 h – 20 h » la semaine et quartier libre le week-end. Ou interdiction totale. Les maires décideront. Ou peut-être les préfets. On ne sait pas. Tout cela part d’un bon sentiment. Nous devons comprendre que nos voitures anciennes sont responsables de la pollution atmosphérique française, et accessoirement belge, suisse et luxembourgeoise. Les voitures modernes ? Elles ne polluent pas. Elles n’ont jamais pollué. C’est connu et reconnu. D’ailleurs, c’est pour cela qu’on leur a collé un malus hystérique qui débute à 117 grammes de CO2 par kilomètre. Bon, 35 euros pour commencer, ce n’est pas l’océan à avaler. C’est le prix à payer pour être tranquille. La punition s’arrête à 10 500 euros et 191 grammes pour les plus grosses voitures. Et pour les anciennes ? Rien, pas de barème, pas de tableau, pas de classement. On les interdit en bloc. C’est plus simple. C’est plus lâche. Rien qu’à Paris, cinq jours sur sept, plus de mille camions de chantier plus trois cents grues rejettent dans l’atmosphère leur fumée de diesel en parfaite impunité. Ne parlons pas des autocars de touristes, ça vaut mieux. La RATP a ressorti ses anciens bus diesel parce que la livraison de ses véhicules électriques prenait du retard. Elle a bon dos, la livraison. L’appel d’offres a pris du retard, c’est tout. Le parc 100 % électrique sera prêt pour 2025 ! Nous, c’est tout de suite que l’on nous interdit de circuler. C’est un peu dur, vous ne trouvez pas ? Philippe Hazan, rédacteur en chef

Le sommaire de 2 CV magazine n°127 :
Essai : 2 CV Cocorico 1986
Pièce d’identité : Méhari 4×4 1979
Témoignage : Jacques Séguéla
Une Dyane au Monte-Carlo !
Salon Rétromobile 2019
Une histoire, 7 Photos

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