Essai Baby-Brousse 1973

Née en Côte d’Ivoire fin 1962, celle qui fut – dit-on – à l’origine de la Méhari demeure une rareté sous nos latitudes. Il doit circuler huit exemplaires de Baby-Brousse en France au grand maximum. Celui de Loïc Gallée dont l’état de restauration inspire le respect, n’en est que plus précieux.
Texte Guillaume Waegemaker – Photo Christian Bedeï

À la fin des années 1950, la 2 CV s’est construit une solide réputation en Afrique de l’Ouest, notamment lors de raids au long cours de plusieurs milliers de kilomètres qui lui ont fait une grosse publicité. Le modèle est reconnu pour sa fiabilité et son entretien réduit et facile. Pourtant, sa diffusion demeure limitée sur ce continent car la 2 CV reste trop « sophistiquée » pour un usage courant. Sa carrosserie fermée, en particulier, n’est pas assez pratique : les portières ne servent à rien dans des régions où la température moyenne varie entre 23° la nuit et 35° le jour, avec des taux d’hygrométrie allant de 20 % dans le nord à 100 % dans le sud !

En Côte d’Ivoire et en Haute-Volta, la distribution des Citroën est assurée par la Compagnie industrielle et commerciale d’Afrique (CICA), et les clients sont principalement des résidents français. Maurice Delignon (voir notre encadré, p. 51), artisan menuisier installé à Abidjan, se déplace régulièrement en 2 CV AZL. Il chasse beaucoup, toujours en brousse, et sa Deuche n’est pas du tout adaptée à ce genre de sport. En mars 1962, l’idée lui vient de la faire transformer en véhicule découvert dans la tonalité des Land-Rover pick-up. Il veut un arrière offrant une surface de dégagement pratique permettant de déposer des charges longues et encombrantes. Un garage d’Abidjan effectue la modification à partir d’éléments de carrosserie provenant d’un fourgon Type H. Une fois l’auto terminée, seules les roues, la calandre et la baie de pare-brise évoquent vaguement une Deuche…

La “nouvelle 2 CV” de Monsieur Maurice change de visage. Les portières ont disparu, remplacées par des échancrures réalisées à même la carrosserie. L’auto traduit maintenant une vocation utilitaire affirmée. Destinée aux chasseurs et aux petits planteurs, cette 2 CV aux allures de mini-véhicule militaire est appelée Baby-Brousse par Maurice Delignon lui-même. À l’époque, la voiture attire l’attention d’un autre Français résidant en Côte d’Ivoire : Jacques Deniau. Homme d’affaires dirigeant plusieurs entreprises – dont certaines spécialisées dans l’automobile –, il est séduit par ce concept sur base 2 CV. Adaptée aux pistes ivoiriennes, la Baby-Brousse peut séduire une clientèle variée : chasseurs, agriculteurs, planteurs… Jacques Deniau voit grand […]

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