2 CV Cocorico 1986 : Ultima Diva

C’est en Bourgogne, au milieu des prestigieux vignobles du cru, que nous avons découvert les secrets de la dernière série limitée de 2 CV, grâce à un collectionneur dijonnais, Jean-Paul Béraldin, d’autant plus enthousiaste qu’il est un converti de fraîche date…
Texte : René Bougros – Photos : Christian Bedeï et Jean-Paul Béraldin

Gevrey-Chambertin, Chambolle- Musigny, Vosnes-Romanée… Ces noms fleurent bon la France et son patrimoine viticole. C’est au carrefour de ces quelques hectares magiques – enviés du monde entier – que nous avons retrouvé une autre représentante de notre patrimoine national parée des couleurs bleu-blanc-rouge. Est-ce de notre faute si les responsables du marketing Citroën décidèrent, début avril 1986, de parier sur la victoire de l’équipe de France de football en Coupe du monde et de lancer une série de 1 000 exemplaires d’une 2 CV 6 Spécial décorée aux couleurs nationales, parsemée de ballons sur sa carrosserie. L’élimination 2-0 de notre équipe par la sélection allemande en demi-finale n’était sans doute pas envisagée… Elle eut pour conséquence immédiate la disparition des ballons décoratifs sur la carrosserie, mais Citroën ne lâcha pas l’affaire et continua sur sa lancée. La décoration tricolore fut conservée. La 2 CV “Coupe du monde” devint la 2 CV Cocorico. C’est ce qu’on appelle, dans les écoles de commerce, un repli stratégique de son image de marque.

Né il y a cinquante-six ans à Saint-Claude (Jura) dans la capitale mondiale de la pipe de bruyère, installé depuis 1994 sur les hauteurs dijonnaises, à deux pas du “lac du chanoine Kir” ainsi baptisé en hommage à son créateur, Félix Kir, ancien député-maire de Dijon, Jean-Paul Béraldin est mécanicien-fraiseur dans un atelier de mécanique générale. Chez lui, pas de 2 CV paternelle à vénérer, pas de Citroën du grand-père à fantasmer. Sa vocation Deuchiste date de 2001, autant dire hier ! « Vers la fin des années 1980, j’ai possédé une 2 CV 6 pendant quelques mois. Ce devait être un millésime 1975 ou 1976. Elle était Orange Ténéré, avec les phares carrés et franchement, je la trouvais plutôt moche ! Je sais que je vais en blesser certains, mais je n’ai pas pleuré lorsque son châssis s’est cassé en deux et qu’elle est partie à la casse. C’est comme cela que j’ai appris que les châssis des anciennes Deuches étaient beaucoup plus solides que ceux des modernes, celles sorties après 1970. En arrivant à Dijon en 1994, j’avais besoin d’une deuxième voiture pour me rendre à mon travail. La 2 CV s’est imposée naturellement. J’en avais gardé un mauvais souvenir sur le plan esthétique, mais j’avais aussi adoré son côté pratique et intelligent. Pour le choix, je n’avais que l’embarras : on me proposait soit des épaves, soit des modèles restaurés n’importe comment, soit des objets de collection. » […]

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