Méhari 4×4

MEHARI 4X4
© Francis Claverie

Dès sa présentation à la presse en mai 1979 (elle ne fut commercialisée qu’à partir de janvier 1980), la Méhari 4×4 fut considérée comme un phénomène. Ses possibilités de franchissement en faisaient l’un des engins les plus efficaces au monde. Aujourd’hui, ce modèle est devenu une rareté et dénicher un exemplaire d’origine, croyez-nous, ne fut pas chose facile…

par Francis Claverie

Vous ne risquez pas de le croiser dans les réunions de club Deuchiste. Maurice Kérihuel est direct : « Faire partie d’un club ne m’intéresse pas et les sorties fatiguent les voitures plus qu’autre chose. » Ses rapports avec la 2 CV se limitent à quelques souvenirs d’enfance. Sa mère en possédait une dans les années 1950 et les réminiscences d’un capot arrière « qui ne voulait pas fermer » trahissent assurément un modèle AZLP. Nous n’en saurons pas davantage… Ancien directeur commercial dans l’industrie des matériaux composites, aujourd’hui âgé de 80 ans, M. Kérihuel parle pourtant de sa Méhari 4×4 comme s’il avait roulé en Citroën toute sa vie. Ce qui n’est pas totalement faux, puisqu’il n’a possédé en tout et pour tout que… trois Méhari et demi ! Dans sa propriété solognote où nous l’avons rencontré, il ne nous a consacré qu’une petite heure. Le temps de nous faire comprendre qu’il n’existe aucune voiture comparable à ses yeux, et qu’il n’est toujours pas parvenu à se mettre en difficulté à son volant. « Ses capacités dépassent de beaucoup les miennes », reconnaît-il…

En 1973, Maurice Kérihuel achète sa première Méhari d’occasion par l’intermédiaire d’un ancien camarade de classe, Guy Marot, qui travaille dans une succursale Citroën de la région parisienne. Elle lui rend de grands services dans les chemins forestiers de Sologne, où il s’évade dès que ses obligations professionnelles lui en laissent le loisir. Il la revend en 1978 pour en acheter une deuxième, neuve celle-là, dans un garage Citroën de Maisons-Alfort. Il signe le chèque d’acompte et, sur le chemin du retour, tombe en arrêt devant une pancarte posée devant une station-service « Méhari à vendre ». C’est celle d’un professeur muté dans une région de montagne, qui estime (à tort ?) que sa Méhari ne lui sera plus d’aucune utilité. M. Kérihuel est bien ennuyé. Cette voiture est quasiment neuve (quelques centaines de kilomètres) et, surtout, elle est beaucoup moins chère que celle qu’il vient de commander et qu’il ne touchera pas avant deux mois. Très gêné, il téléphone au garage de Maisons-Alfort et explique son embarras. Le garagiste accepte sans sourciller d’annuler la vente et de lui restituer le chèque d’arrhes. Autres temps, autres moeurs…

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