Restauration : 2 CV A 1954

restauration-2cv-a-1954Dans l’univers de la 2 CV, il y a “restauration” et “restauration”. Les deux mots n’ont pas la même acception, et l’histoire que nous débutons aujourd’hui sort de l’ordinaire. Le héros n’en est pas le “restaurateur”, mais bien la 2 CV. En l’occurrence, l’un des modèles les plus rares et les plus difficiles à remettre en état : une 2 CV A datant de 1954.
Texte : Antoine Picabia – Photos : Julien Grados

Plus une 2 CV est ancienne, plus elle est difficile à restaurer à l’identique. Ce qui est, finalement, un raisonnement logique valant pour toutes les voitures anciennes. Dans le cas de la 2 CV A qui nous intéresse, la complexité de la chose découle de deux paramètres indissociables l’un de l’autre : d’abord, il faut essayer de changer le moins d’éléments sur la voiture d’origine (n’en remplacer “rigoureusement aucun” est impossible sur une 2 CV A de 1954), ensuite, sauver tout ce qui peut l’être en restaurant les pièces concernées. Il faut être certain – absolument certain – de pouvoir remettre la voiture dans sa configuration d’origine, extérieurement, intérieurement et au niveau mécanique. Comme les photos en couleur de l’époque – en l’occurrence, l’année 1954 – sont assez rares à trouver, voire inexistantes de la part de Citroën qui “travaillait” encore en noir et blanc, on doit se baser sur les restaurations déjà effectuées. Nous parlons ici des “vraies”, des “reconnues”, effectuées dans les règles de l’art, pas des “bidouillages” de seconde zone qui atterrissent généralement sous le marteau d’un commissaire-priseur et conduisent de pauvres acheteurs à débourser une fortune pour des modèles des années cinquante restaurées “à l’identique”, expertisés comme tels par des personnes n’ayant aucune compétence particulière pour effectuer ce travail de précision. En ce qui concerne la 2 CV A, les deux exemples qui nous viennent à l’esprit lorsque l’on parle de restaurations parfaites sont la 2 CV A 1950 appartenant au Conservatoire Citroën et la 2 CV A 1950 propriété de Michel Dedieu, responsable de la section “anciennes” du Club des Amis de la 2 CV, auteur de quinze dossiers couvrant quinze années de production (1952 à 1966).

C’est donc sur des références solides que débute notre histoire, dont l’héroïne est une 2 CV A de 1954. Celui qui lui a redonné apparence “humaine” est un garçon de 27 ans, Julien Grados, propriétaire de RetroGrad, un atelier de mécanique-carrosserie-peinture installé à Arcis-sur-Aube, une commune de l’Aube comptant 3 000 habitants, située en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, à une cinquantaine de kilomètres de Châlons-en-Champagne : « Je travaille sur toutes les anciennes, avec une passion particulière pour les Citroën qui me vient de mon grand-père, agent Citroën qui possédait le garage Allais à Arcis- sur-Aube, lequel est désormais dirigé par mon oncle. Les voitures du quai de Javel, dans la famille, on connaît ! J’aime bien aussi les Mini. J’ai une Jet Black noire métallisée de 1988 depuis l’âge de 18 ans et elle est comme à sa sortie d’usine ».

En 2015, à 26 ans, après avoir obtenu un Bac pro suivi d’un BTS de mécanique automobile et travaillé quelque temps en concession Citroën, Julien franchit le pas qui sépare l’amateur éclairé du professionnel. […]

  Retrouvez l’intégralité de l’article dans le n°112 en vente en ligne sur hommell-magazines.com.

Les commentaires sont fermés.